Article | 10/21/2021 09:24:58 | 6 min Temps de lecture

La réalité virtuelle peut-elle étendre l'accès à la nature ?

Étonnamment, la technologie nous rapproche plus que jamais de la nature. Les personnes ayant un accès physique limité à la nature en sont les principales bénéficiaires.

La science et la médecine unissent leurs efforts pour rétablir le lien entre les hommes et la nature. Les simulations de réalité virtuelle (VR) d'environnements naturels sont en hausse et sont bénéfiques pour les hommes comme pour la nature. Cela ne semble pas évident, mais un problème causé par la technologie peut être résolu grâce à la technologie.

La nature en bouteille

Les bienfaits que l’on ressent en passant du temps physiquement dans la nature sont connus depuis longtemps et vont bien au-delà du fait de respirer de l'air frais et pur. Un rapport de 2016 de l'Organisation mondiale de la santé a révélé que les espaces verts urbains (végétation dans les villes) peuvent notamment aider à la relaxation physique et à la réduction du stress. En d'autres termes, une promenade dans un parc rend plus heureux et assure une meilleure santé mentale. Cependant, les personnes ayant des difficultés physiques à se rendre dans des espaces verts, comme les personnes âgées, sont souvent privées de ces bienfaits.

Pendant la pandémie de Covid-19, lorsque les sorties étaient limitées pour de nombreuses personnes, de nouvelles options ont vu le jour pour rapprocher virtuellement les hommes de la nature.

Mattias Wallergård, professeur agrégé au département de la science du design de l'université de Lund, a passé les 10 dernières années à étudier des moyens pour profiter de l'extérieur en intérieur, en examinant notamment l'utilisation de la VR comme moyen d'intervention direct en matière de santé. Ou, comme il le dit : « Comment intégrer les bienfaits de la nature réelle à la réalité virtuelle pour les populations vulnérables ». Sa récente étude dans une maison suédoise pour les personnes âgées montre que la nature en VR doit être aussi diversifiée que ceux qui l'utilisent.

« Il n'existe pas de solution unique qui convienne à tout le monde », affirme Mattias Wallergård. « Pour certaines personnes, une activité de groupe suffit, avec un participant portant les lunettes VR et un énorme écran de télévision qui suit ce qui se passe dans le monde virtuel. D'autres ont besoin d'expériences individuelles ».

La nature en VR peut sensibiliser à l'environnement et aux effets que les actions humaines ont sur lui, mais aussi encourager la préservation de la nature.

L'accès à la nature étant limité, les gens se tournent désormais vers des solutions virtuelles. Photo : WES Hicks, Unsplash

Protéger la nature vivante par le biais de la nature virtuelle

De nombreuses études montrent que l'exposition virtuelle à la nature et la présence physique dans la nature ont des effets positifs sur la santé mentale. Une étude rétrospective à laquelle Mattias Wallergård a participé a révélé que la nature en VR peut faire oublier la douleur physique (en particulier chez les patients atteints de cancer ou de douleur chronique), réduire le stress et l'anxiété, aider au traitement des problèmes de santé mentale tels que les phobies ou le trouble de stress post-traumatique (TSPT) et, en groupe, peut même améliorer les relations sociales. En outre, elle peut être bénéfique pour la nature elle-même.

Une étude dans laquelle les élèves d'un lycée ont découvert l'océan du point de vue d'un corail a révélé que la nature en VR peut accroître la sensibilisation à l'environnement et aux effets que les actions humaines ont sur lui, mais aussi encourager la préservation de la nature.

upmforestlife.comen, un voyage virtuel à travers la forêt finlandaise, intégrant des sons de la nature et créé par UPM, en est un bon exemple. Il a fallu environ 20 jours de tournage et 18 mois pour créer ce site Web interactif sur plusieurs niveaux. Les visiteurs peuvent arpenter différents chemins dans les bois et s'immerger dans la nature. Ils ont également la possibilité de cliquer sur différents points autour d'eux pour lire un texte ou regarder une vidéo sur les différentes espèces vivant dans les forêts finlandaises, sur les choses à faire en forêt (cueillette de champignons ou de baies, par exemple) et sur les opérations forestières d'UPM, notamment des explications sur les zones forestières protégées des travaux forestiers pour le bien de la biodiversité (tourbières naturelles, par exemple). Bien que l'idée de base soit d'éduquer les gens sur la sylviculture durable, le projet va bien au-delà.

« Nous avons pensé aux habitants de grandes villes comme Shanghai, qui n'ont peut-être jamais eu l'occasion d'aller en forêt, ou ne serait-ce qu'aux personnes à mobilité réduite », déclare Matti Maajärvi, Spécialiste senior en environnement, UPM Forest. « Nous voulions non seulement établir des faits, mais aussi offrir une véritable expérience. »

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L'exposition virtuelle à la nature et la présence physique dans la nature ont des effets positifs sur la santé mentale. Photo : Jacek Dylag, Unsplash

Au-delà des attentes

L'expérience s'est avérée si efficace que plusieurs écoles du Brésil, du Canada et de Finlande ont contacté Matti Maajärvi pour obtenir l'autorisation d'utiliser le site Web dans leurs programmes d'études.

L'entreprise a récemment ajouté au site Web une démonstration sur la quantité de carbone qu'un arbre peut absorber. Il s'agit d'une démonstration virtuelle qui montre la quantité de carbone qu'un arbre peut absorber pendant son cycle de vie de 80 ans et qui compare cette quantité aux émissions quotidiennes. 

La principale préoccupation des critiques de la VR a toujours été que la nature en VR pourrait entraîner ses utilisateurs à oublier la nature réelle en faveur des simulations. Inutile de s'inquiéter : des études ont démontré que la VR peut motiver les gens à partir à la découverte de la nature.

Mattias Wallergård en a été le témoin. Lors de ses recherches dans une maison de soins à Lund, un homme âgé qui visionnait des balades à vélo virtuelles dans le centre de Lund a voulu visiter lui-même ces lieux. « Très fermé, déprimé, presque prisonnier, nous avons commencé à voir des changements en lui, en tant que personne », explique Mattias Wallergård. « C'est comme si on avait réveillé quelque chose en lui. »

Texte : Alex Belopolsky

Image principale : Dan Gold, Unsplash

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