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L'envolée du bois

Article 25.9.2019 13:00 EEST

Les nouvelles technologies améliorent de manière significative les possibilités d'exploitation d'un matériau de construction déjà polyvalent : le bois. Avec l'augmentation du nombre de constructions en bois dans le monde, nous faisons le point sur les raisons pour lesquelles le secteur du bâtiment mise sur le bois et d'autres produits du bois pour construire des édifices véritablement durables.

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Cet automne, alors que le semestre universitaire commence dans la ville finlandaise de Joensuu, les étudiants rentrent des vacances d'été et emménagent dans de nouveaux logements étudiants. Leur nouveau foyer, un phare de 14 étages, est aujourd'hui le plus haut bâtiment en bois du pays et le quatrième plus haut au monde.

Contrairement à d'autres édifices en bois, comme Mjøstårnet en Norvège et Brock Commons au Canada, le phare est unique avec sa structure de support entièrement faite en bois.

« Construire avec du bois implique des contraintes et nécessite de l'imagination, en plus d'un talent certain pour contourner la bureaucratie », explique Samuli Sallinen, PDG de l'entreprise d'architecture Arcadia, à l'origine du projet du phare.

 

L'avenir des bâtiments durables ?

La quantité de carbone qu'un bâtiment peut retenir est appelée carbone incorporé et selon Samuli Sallinen, elle sera probablement précisée dans les règlements de construction à l'avenir, au même titre que l'isolation ou la circulation de l'air. Cela aura pour effet d'accroître l'utilisation du bois dans les bâtiments.

D'autre part, les processus de production de béton ou d'acier qui consomment beaucoup d'eau et d'énergie peuvent considérablement augmenter l'empreinte carbone d'un bâtiment. Selon la Yale School of Forestry & Environmental Studies, la fabrication d'acier, de béton et de brique représente environ 16 % de la consommation mondiale de combustibles fossiles. 

« La différence entre la construction en bois d'aujourd'hui et celle d'il y a 30 ans, est que nous disposons désormais de nouvelles informations sur le climat qui nous obligent fortement à construire de manière durable », explique Jeff Spiritos, Directeur de Spiritos Properties LLC à New York et membre du groupe de travail sur le bois scié de l'organisme Council for Tall Buildings and Urban Habitat (CTBUH).

Il est même possible d'obtenir une empreinte carbone négative en utilisant du bois d'origine responsable.

 

Robuste, léger et durable

Les caractéristiques écologiques du bois ne sont pas les seules raisons pour lesquelles celui-ci devient rapidement une ressource essentielle dans le secteur de la construction.

Le bois transformé, comme le bois lamelé collé, est solide et peut avoir la même durée de vie que les matériaux utilisés dans les bâtiments classiques. Il est également résistant au feu et léger, ce qui peut considérablement réduire le poids total des bâtiments. 

Plus léger, il est idéal pour la construction dans les zones sujettes aux tremblements de terre, ainsi que pour la planification urbaine à long terme, car les bâtiments en bois peuvent être démontés et réutilisés relativement facilement, par rapport à la brique et au béton.

Bien sûr, contrairement à l'acier et au béton, les éléments en bois doivent être protégés de l'eau pendant la construction. Le processus de construction du projet du phare, par exemple, reposait sur une solution simple et économique : un toit temporaire a été installé au-dessus du bâtiment et monté à mesure que la hauteur du bâtiment augmentait.

« Pour nous, la nécessité de travailler au sec n'a pas vraiment posé de problème. Tous les matériaux ont des caractéristiques qu'il faut prendre en compte, tout comme le poids et le temps de séchage du béton, cela n'a donc rien changé », explique Samuli Sallinen.

 

Limites verticales

Quels sont donc les autres défis liés à la construction de bâtiments en bois ? Contre toute attente, il s'agit de l'espace. Si vous travaillez sur un projet de gratte-ciel, tel que la tour Oakwood Timber, qui devrait se classer juste après le plus haut bâtiment de Londres, The Shard, le fait est que l'espace est précieux et qu'une structure en bois nécessite une base plus large.

« Concevoir ce qui est possible, faisable et conforme aux règles de construction est un défi en soi », explique Samuli Sallinen. « Avant l'approbation du projet du phare, le nombre d'étages autorisés dans un bâtiment en bois était limité à huit par le gouvernement local », poursuit-il.

Ces restrictions se retrouvent partout dans le monde, car les organismes de réglementation et les assureurs sont à la traîne par rapport aux progrès de la construction en bois. Bien que de nouvelles techniques de construction permettent de rendre ces bâtiments possibles au niveau structurel, cette lacune dans la réglementation rend difficile, sur le plan administratif, l'atteinte de nouveaux sommets.

« Pour mettre en œuvre ces projets pionniers, il faut qu'un promoteur socialement et écologiquement responsable, mais aussi audacieux, soit prêt à investir du temps pour s'initier à la construction en bois », ajoute Jeff Spiritos.

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Sumitomo Forestry, client d’UPM Timber, envisage actuellement de construire le plus haut gratte-ciel en bois du monde, à Tokio. Le gratte-ciel hybride en bois de 70 étages deviendrait également le plus haut bâtiment du Japon, avec ses 350 mètres.

 

Une ressource toujours renouvelable

De plus, les experts affirment qu'il faut veiller à s'approvisionner en bois scié et en bois de façon responsable, pour assurer une faible teneur en carbone. Dans le cas contraire, cela pourrait aggraver le problème de l'exploitation non planifiée et généralisée des forêts dans le monde. 

Selon Jeff Spiritos, la partie de la chaîne d'approvisionnement autour des projets bois qui a le plus évolué et qui est prête à répondre à une forte augmentation de la demande est la sylviculture. « Il y a beaucoup d'entreprises qui pensent à long terme et qui fournissent des produits bois certifiés et issus d'un approvisionnement responsable. »

L'approvisionnement en bois provenant de forêts gérées de manière durable et certifiées garantira que la matière première est une ressource toujours renouvelable pouvant profiter aux générations actuelles et futures.

La volonté de remettre en question la construction conventionnelle et d'offrir une alternative renouvelable restera un moteur puissant pour le développement de bâtiments en bois et l'utilisation du bois. Au cours des prochaines décennies, nous pourrions bien voir le secteur du bâtiment entrer dans « l'âge du bois ».

Auteur : Kati Leuchel