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Les grandes marques exigent un bois durable

Article 28.11.2019 9:00 EET

 

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Tout le monde, des dirigeants mondiaux aux écoliers, se rassemble pour lutter contre le changement climatique, et les grandes marques font aussi des efforts pour améliorer le développement durable de leurs entreprises. Cela a également des répercussions sur d'autres industries, y compris celles qui utilisent du bois durable.

Lorsqu'IKEA, le géant du mobilier suédois, a annoncé en 2017 avoir atteint son objectif d'utiliser du « bois provenant à 100 % de sources plus durables dans des pays ayant des antécédents de défis liés à la gestion forestière », elle a envoyé un message fort. Sachant qu'IKEA consomme 1 % de l'approvisionnement mondial en bois, le défi ne pouvait plus être évité : si l'entreprise arrivait à devenir durable, le reste du monde n'aurait aucune excuse pour ne pas le devenir aussi.

IKEA a également déclaré qu'elle souhaitait en plus « s'approvisionner à 100 % en bois, papier et carton issus de sources plus durables, définis comme du bois recyclé ou certifiés FSC d'ici 2020 ». À l'époque, Mikhail Tarasov, le directeur mondial de l'exploitation forestière du géant, a déclaré au site Web de l'entreprise : « Nous favorisons l'adoption de méthodes d'exploitation forestière durables. Nous le faisons afin d'influencer les autres et de contribuer à l'important travail de lutte contre la déforestation. »

D'autres marques emblématiques ont suivi son exemple. McDonald's a commencé par construire son nouveau restaurant phare à Chicago en utilisant le bois lamellé-croisé, un matériau qui recycle le bois de faible valeur et a la même force structurelle que le béton. Kingfisher s'est engagée à s'approvisionner en bois et en papier à 100 % de manière responsable pour toutes ses activités d'ici 2020. Le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a déclaré que leur objectif est d'« ériger les solutions sans déforestation au rang de norme pour les clients ». Leur politique forestière protège les forêts, la biodiversité et les droits des communautés locales.

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L'ascension du bois durable

« La perception du client est votre réalité », explique Kate Zabriskie, célèbre formatrice en entreprise. À une époque où les consommateurs sont de plus en plus avertis, le client veut savoir exactement ce que chaque entreprise fait pour sauver le monde. Selon la Stanford Social Innovation Review, plus de 90 % des PDG estiment que le développement durable est crucial pour le succès de leur entreprise, les marques internationales ayant besoin que le grand public voie qu'elles travaillent dur pour éliminer les substances nocives.

Les entreprises apprécient la volonté d'utiliser du bois durable et les réglementations liées à ce sujet. Par exemple, le World Wildlife Fund a examiné diverses recherches montrant que le bois durable l'aide à conserver une bonne réputation et à assurer la stabilité de ses activités. Selon les experts, l'adoption continue aura un impact positif sur nos ressources naturelles, en particulier nos forêts, car un grand nombre de produits de tous les jours sont fabriqués à partir de bois et de pâte de bois. En 2014, le Global Canopy Programme a rapporté que 162 entreprises dont la valeur combinée sur le marché est de 3 240 milliards de dollars se sont engagées en faveur de chaînes d'approvisionnement sans déforestation.

L'idée du bois durable a décollé, en partie, selon les universitaires Rajat Panwar et Eric Hanson, parce que le bois est issu des forêts « qui sont communément considérées par le public comme des lieux naturels qui devraient être relativement peu affectés par l'influence humaine ».

Les forêts gérées de manière durable imitent autant que possible les modèles naturels de perturbation et de régénération, assurant une source de bois renouvelable à l'infini, saine et durable. Ces forêts gérées de manière durable contribuent également à promouvoir la biodiversité et le bien-être des communautés locales.

 

Le rôle de la certification forestière

Pour s'assurer qu'elles s'approvisionnent en bois issu de forêts gérées de manière durable, les entreprises se basent sur une certification qui permet de déterminer l'origine du bois et des fibres de bois. À l'échelle mondiale, deux organisations sont responsables de la certification forestière. Elles sont plus connues par leur sigle : le FSC® et le PEFC™. Leurs certifications permettent de s'assurer qu'aucun bois récolté illégalement ou issu de forêts à haute valeur de conservation n'entre jamais dans le pool de matières premières.

Ainsi, lorsque la demande s'épuisera, nos forêts naturelles auront de meilleures chances de rester protégées. La Commission économique pour l'Europe des Nations Unies a noté en 2018 que la superficie mondiale totale des forêts certifiées est passée de 427,7 millions d'hectares en 2016 à 431,4 millions d'hectares en 2017.

Malgré ces réussites, les progrès ont été lents, selon la WWF. Son rapport Timber Scorecard 2019 montre que si les entreprises engagées dans le bois durable respectent leurs engagements, « les résultats des entreprises les moins performantes ont empiré ». Cela signifie que les entreprises déjà engagées dans le bois durable sont sur une courbe ascendante, alors que les entreprises qui ne sont pas engagées dans le développement durable ont en fait chuté en deçà de leurs normes déjà faibles.

« Les certifications étaient supposées aider à élever les normes d'exploitation forestière dans les pays où les réglementations sont peu appliquées », affirme Panwar, « mais les normes n'y ont pas rencontré un franc succès. L'adoption a été plus forte dans les pays occidentaux où les pratiques d'exploitation forestière étaient déjà assez saines. »

En d'autres termes, comme les entreprises, la certification fonctionnait bien pour favoriser le bois durable dans des pays qui appliquent strictement les réglementations, mais n'avait pas encore converti ceux chez qui ce n'était pas le cas.

 

La nécessité de collaborer

Comment les grandes marques peuvent-elles continuer à se concentrer sur le développement durable tout en assurant un impact minimal sur nos ressources naturelles ?

Selon Mikko Hyvärinen, Directeur d'UPM Timber, il faut davantage de responsabilités, et une coopération et un système de certification mondiaux plus cohérents. « Toutes les entreprises doivent démontrer leurs compétences durables et nous avons besoin d'une collaboration en matière de certification. Cela permettra d'éviter la concurrence dans le cadre de la certification, car elle entrave le travail important accompli dans ce domaine et réduit le temps consacré à l'administration de la certification. »

UPM est signataire de diverses réglementations, notamment la Timber Trade Federation et la European Union Timber Regulation au Royaume-Uni. Elle est également contrôlée par une certification indépendante par le biais du Programme de reconnaissance des certifications forestières (PEFC) et du FSC. Mais surtout, elle s'engage à promouvoir la responsabilité d'entreprise, déclare Hyvärinen : « Chez UPM, nous avons développé une gamme d'outils et de services environnementaux et de responsabilité pour garantir que nos partenaires disposent de toutes les informations et de la compréhension nécessaires pour soutenir leurs ambitions en matière d'écologie et de responsabilité. »

La coopération mondiale, la compréhension des contextes locaux, des réglementations cohérentes, la responsabilité des entreprises et l'action politique joueront toutes un rôle dans l'exploitation forestière durable. Bien que les grandes marques fassent des progrès importants en matière de développement durable, il est toujours possible de faire plus.

Notre avenir en dépend.

Texte : Deborah Talbot